De 1962 à 2018, Michel Urbain et Françoise Urbain-Lambert ont envoyé à leurs proches des cartes de vœux. Moitié chronique familiale, moitié dessin d’actualité, elles offrent un parcours à travers cinquante ans d’histoire politique, sociale et humaine.

 

Les vœux des Z’Urbains

 

1976

Carte de vœux 1976

 
Comme on s’installe dans la monotonie des années Giscard, Michel Urbain varie sa charte graphique assez radicalement et retourne à l’imitation des classiques. Voilà toute la famille sur le radeau de la Méduse, et ça ne va pas fort. La cause du naufrage ? Un adjectif que nous connaissons bien en 2019 et qui existe déjà avec un sens un tout petit peu différent : libéral… Le beau programme giscardien, la société libérale avancée, est en train de prendre l’eau et quelques progrès sociétaux, comme la légalisation de l’avortement, ne parviennent plus à masquer la violence économique. Un nom aussi, la moitié d’un nom plutôt : Ponia, comme on disait pour parler de Michel Poniatowski, ministre de l’intérieur, ardent partisan, entre autres titres de gloire, de la peine de mort et champion de la répression par la force. Bonne nouvelle, toutefois : Fifi, le chat d’Éric, et couple de tourterelles sont arrivés chez les Urbains. Si l’histoire n’a pas retenu le nom des tourterelles, on se réjouit de voir que la faune urbaine a été embarquée sur l’arche de Noé de la Méduse. On a aussi sauvé un tonneau de vin de Bordeaux : est-ce pour cela qu’Éric sourit béatement à son père accablé ? Tout n’est pas perdu, en tout cas !
   
Carte de vœux 1976
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Les vœux des Z’Urbains

© Famille Urbain
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Texte : Sophie Rabau