1989

De 1962 à 2018, Michel Urbain et Françoise Urbain-Lambert ont envoyé à leurs proches des cartes de vœux. Moitié chronique familiale, moitié dessin d’actualité, elles offrent un parcours à travers cinquante ans d’histoire politique, sociale et humaine.

 

Les vœux des Z’Urbains

Les vœux des Z´Urbains - 1989 © Famille Urbain

 

1989

 

Tellement espérée et tant de fois annoncée au XXe siècle, la voici enfin : la Révolution. Bien sûr, il ne s’agit que de celle de 1789, dont on fêtera le bicentenaire en 1989. Il n’empêche, chez les Z’Urbains, on en profite pour offrir une carte de vœux révolutionnaire. Car il faut l’être, révolutionnaire, pour croire à l’utopie d’un “vendémaire sans vent” et d’un brumaire sans brume”. Il faut l’être, vraiment, pour ébranler le monument que la France se prépare à bâtir pour encercler sa Révolution dans les limites rassurantes d’un passé révolu.

Les vœux des Z´Urbains - 1989 © Famille Urbain

Chez les Z’Urbains on innocule au projet de commémoration une insolence plus vivante. On se moque : de l’iconographie académique et de la rhétorique fastidieuse des historiens de l’art ; de l’armée et du service militaire qu’Éric accomplit dans l’orchestre du régiment de Bordeaux. Surtout, on rit de soi : des incertaines disciplines étudiées par Franck, qui cherche manifestement à doubler ses parents sur la gauche ; du féminisme qui n’en finit pas de briser “les fers du machisme” ; des lectures pseudo-freudiennes… Après tout, brocarder la Révolution passée et se railler soi-même, c’est le meilleur moyen de faire la révolution au présent.

Les vœux des Z’Urbains

© Famille Urbain
Reproduction des images soumise à autorisation

Texte : Sophie Rabau