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Les voix sortent joyeusement du dégoût

Philippe Lançon, Madrid, juin 2019 © Casa de América

En 1972, l’écrivain américain William Styron se demande pourquoi la guerre du Vietnam a inspiré aussi peu d’œuvres de fiction, et il répond : « Plus nous nous lançons dans des guerres qui menacent d’être totalement dépravées, plus il est douteux que nous puissions produire des œuvres d’imagination capables d’illustrer à grands traits et de façon plausible les multiples aspects de la nature humaine. » L’œuvre de Horacio Castellanos Moya, née dans le berceau d’une guerre particulièrement sale, au cœur d’un petit pays, y parvient. (Lire l'article)

Tchika, le magazine plein de super-pouvoirs pour mini-miss

Voici qu’est sur le point de sortir le magazine Tchika. Destiné aux filles, ce trimestriel qu’on ne trouvera pas en kiosque mais sur abonnement « pour raison écologique », dit assez bien le déplacement des valeurs qui a eu lieu depuis la fin des années 80. Fini le préformatage aux injonctions des magazines féminins, le pré carré spécial filles décliné en maquillage/look/flirt option sexe. Tchika s’adressera à nos jeunes nanas comme il se doit : avec intelligence et ouverture vers le monde. Les filles de 7 à 12 ans liront des sujets d’actualité, de sciences, de sports, des histoires d’animaux. (Lire l'article)

Péril en la demeure des écrivains

La Maison des écrivains et de la littérature mène une double vie. Rencontres permanentes d’écrivains et public, partenariat avec des universités, échanges et discussions qui culminent chaque année avec les Enjeux, quatre jours denses autour d’un thème. Le tout hors promotion, et avec des écrivains généralement intéressants, parfois rares. Sur un second versant (qui communique avec le premier) un travail de fond dans les collèges ou lycées (y compris le prix littéraire des lycéens). Moins visible, mais vrai travail de passeur. Celui dont régulièrement- et avec quelle nostalgie ! – on déplore la disparition. 

Vive la République !

Il était presque dix-huit heures quand la tête du cortège a atteint la place de la Bastille. Un ministre nous attendait. Après avoir félicité vivement les fiertés transgenres pour la beauté de leur char, il a tenu un discours : “Transgenres, travestis, gays, lesbiennes, fétichistes de tous poils, la République est heureuse de pouvoir vous accueillir en son sein.” Dont acte. (Lire le texte)

Les étudiants face à la convergence des attaques

Une protestation s'est levée dans les universités, chez les étudiants, bientôt soutenus par de nombreux personnels, déjà soucieux des changements récents et prêts à récuser celui qui s'annonce. Le déclic ? Une nouvelle réforme de l'université, qui prévoit désormais, sous le nom flatteur de loi Orientation et Réussite des Étudiants (ORE), une sélection sur dossier à l'entrée en première année, par l'entremise d'une plate-forme dénommée ParcourSup... (Lire l'article)

Le sens de la vie

Quand le président de la République, en s’adressant à une assemblée d’évêques, déclare que « la laïcité n’a pas pour fonction de déraciner de nos sociétés la spiritualité qui nourrit tant de nos concitoyens », il remet sur le devant de la scène une vieille idée dénoncée par Nietzsche. La spiritualité, dans le contexte particulier du discours du président, ne peut en effet que renvoyer à la recherche d’une présence divine, garante d’un sens et de valeurs supérieures.Mais n’existe-t-il pas d’autre spiritualité que religieuse ? Le simple fait de penser n’est-il pas en lui-même déjà quelque chose de très spirituel ? (Lire l'article)

Oscar Wilde in the right place

Oscar Wilde par Napoléon Sarony © Bibliothèque du Congrès, Washington

À l'expo Oscar Wilde au Petit Palais, on s'attend à voir de touchantes lettres d'amour, des photos sépia de jeunes lords efféminés, les merveilleux dessins érotiques d'Aubrey Beardsley, et ces grandes toiles préraphaélites, hideuses et risibles aujourd'hui, qui faisaient les délices de la gentry anglaise et qu'Oscar portait au pinacle. On s'attend moins à y trouver André Gide, camarade de débauche, et Robert Badinter, qui revient en vidéo sur l'inique procès qui condamna Wilde à deux ans de travaux forcés pour homosexualité et incitation de mineurs à la débauche... (Lire l'article)